Devinez ce qui m’a donné l’idée de rédiger cet article sur les pleurs des enfants ? Vous avez trouvé, c’est la rentrée scolaire !

Ce fut la première pour ma fille de 3 ans, qui est donc entrée en maternelle hier après 3 ans en crèche.

Dans notre école, la rentrée s’est effectuée en douceur pour les enfants entrant en petite section. En effet, elle s’est déroulée un jour après les autres classes et uniquement le matin. Ma fille ayant déjà visité l’école en mai et rencontré son institutrice à ce moment-là, aucun problème pour la laisser, elle ne voulait d’ailleurs pas partir quand je suis venue la récupérer 🙂

Ce matin, quand nous sommes allées au Centre de Loisirs pour la première fois, les choses se sont déroulées totalement différemment, comme je m’y attendais. Arrivées sur place, nous avons fait le tour des locaux, pour que ma fille puisse se familiariser avec son environnement. Mais quand j’ai dû partir, elle a fondu en larmes. Rien de bien étonnant…

Pourquoi ?

Alors, en vrac : lieu/bâtiment inconnus, animateurs inconnus, enfants (petits et un peu plus grands) de différentes écoles inconnus, repères inconnus (« Maman, c’est où les toilettes ? », « Maman on va manger où ce midi ? », « Maman c’est où pour faire la sieste ? »…), pas de référent ou d’accueil réellement personnalisé, tous les enfants évoluent librement dans la salle – ce qui est une bonne chose en soi mais qui peut être déstabilisant pour les tout-petits dans les premiers instants. En effet, même à 3 ans, ils ont besoin de repères.

Je l’ai prise dans mes bras de longues minutes pour la rassurer, la consoler, et quand elle a commencé à se calmer, l’une des animatrices est venue à sa rencontre pour la prendre dans ses bras et la consoler à son tour. Croyant bien faire, elle lui a dit : « Il ne faut pas pleurer, ça sert à rien ta maman va aller au travail de toute façon ».

Son intention était bonne alors je n’ai rien dit. Cependant, sachez que, face aux pleurs des enfants, les expressions telles que « arrête de pleurer » et autres « il ne faut pas pleurer » sont typiquement celles qui nient leurs émotions… Si vous voulez que votre enfant soit capable plus tard d’exprimer ses émotions avec aisance, ce qui facilitera ses rapports avec les autres mais aussi avec lui-même, je vous conseille d’éviter ces expressions au maximum.

Mais pourquoi ?

Après tout, c’est vrai, ils faut qu’ils arrêtent de pleurer à tout bout de champ, qu’ils s’endurcissent…

Déjà, différencions « râler » et « pleurer ».

De mon point de vue (chaque enfant est différent, nous sommes d’accord), un petit enfant « râle » plus facilement « à tout bout de champ » qu’il ne pleure. Dans ce cas il exprime un besoin inassouvi, conscient ou non. Par exemple, un enfant qui a besoin de dormir va râler pour tout et n’importe quoi. Il faut bien sûr veiller à ce que le besoin en question soit assouvi, surtout s’il s’agit d’un besoin fondamental, sinon l’enfant continue de râler et finit par pleurer – logique, me direz-vous.

Un enfant qui pleure (même si c’est très régulièrement) est en souffrance, que cette souffrance soit justifiée à nos yeux ou non, qu’elle soit légère ou non. Et il a quoi qu’il arrive le droit de pleurer. En pleurant, l’enfant exprime sa souffrance, sa frustration, vous la communique, vous la partage, il a besoin de soutien, du vôtre en particulier. De même, pleurer (et même pour un adulte) est un moyen d’évacuer, de s’adapter, de guérir, de laisser place à autre chose, et quelque part de s’endurcir. Il ne faut donc pas étouffer les pleurs, mais, comme je le dis toujours, il faut les accompagner. L’enfant ne doit pas être seul dans sa souffrance, aussi « minime » soit-elle.

Gardez en tête qu’un bébé ou jeune enfant qui pleure n’est pas capable physiologiquement de se calmer seul sur commande et qu’il a besoin d’être accompagné. S’il n’est pas entendu, il finit par capituler, se sentant abandonné et nié.

Le cas de la rentrée…

À la rentrée (école, crèche, nounou…), nombreux sont les enfants en bas-âge qui pleurent, et les parents sont désorientés… Quelle attitude adopter ? Doit-on, comme de nombreux professionnels de l’enfance nous le conseillent voire nous l’imposent, partir le plus vite possible ? Doit-on écouter nos amis qui tentent de nous donner des conseils parfois pas forcément judicieux, « pour notre bien », ayant plus vocation à nous déculpabiliser qu’à prendre en compte les sentiments des enfants ?

Entendu hier midi : « Ah oui, mon fils a pleuré hier, je ne savais pas quoi faire. » – « Tiens, tu sais ce qu’une amie a fait ? Elle est partie avant même que son fils ne s’en aperçoive, comme ça elle a évité la crise. »

Écoutez-vous et écoutez votre enfant, mettez-vous à sa place, ne tenez pas compte du « qu’en dira-t-on » – même si c’est difficile. Vous savez ce dont votre enfant a besoin, remplissez son réservoir d’amour, rassurez-le s’il a besoin d’être rassuré, assurez-vous qu’il soit laissé entre de bonnes mains qui prendront votre suite, et sachez que tout se passera bien, les enfants ont une belle capacité d’adaptation surtout s’ils se savent aimés 🙂

Aie, mon enfant s’est fait mal…

Lorsque leur enfant tombe, pensant bien faire et rassurer leur enfant, les parents accourent habituellement, souvent pleins de sollicitude, à coups de « Oh mais c’est rien, tu ne t’es rien fait du tout ».

Mettez vous à la place de votre enfant, imaginez que vous tombez. Là, quelqu’un arrive en vous disant « Oh mais c’est rien, tu ne t’es rien fait du tout ». Et vous, vous n’avez rien demandé – et c’est encore pire si vous avez demandé de l’aide. Est-ce que cela vous plairait ? Partez du principe que, même si ce n’est pas grave, ce n’est pas rien, l’enfant est tombé, a été surpris et s’est fait plus ou moins mal, c’est un fait. Accueillez 🙂

D’autres situations viendront probablement m’inspirer à compléter cet article par la suite 🙂